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LE SOFA

ETAT DE NOS REFORMES : Problématiques clés de développement

 

Les leçons apprises de la mise du PQ renforcées par les conclusions des analyses rétrospectives sur les 5 dernières décennies conduites dans le cadre de l’Etude Nationale Prospective (ENP), « Guinée 2040 », permettent d’identifier quatre problématiques clés de développement. Il s’agit : (i) de la fragilité du système « Guinée » ; (ii) des rigidités structurelles de l’économie ; (iii) du faible développement humain ; et (iv) des pressions environnementales. 

2.1. Fragilité du système « Guinée » 

Malgré la stabilité retrouvée de ses institutions et la dynamique démocratique en cours depuis 2010, la Guinée reste classée2 au 12ème rang (sur 178) des pays les plus fragiles au monde en 2016. L’évaluation de la fragilité réalisée la même année, selon la méthodologie3 du New Deal, révèle des progrès encourageants du pays sur le plan de la justice mais indique que des efforts plus significatifs sont attendus pour parvenir à la résilience dans les domaines économique, politique et sécuritaire. 10. Au-delà d’être une problématique majeure du développement de la période 2011-2015, la fragilité représente une tendance lourde de la gouvernance du « système Guinée ». L’analyse rétrospective menée dans le cadre de l’ENP, met en évidence les conditions d’accession de la Guinée à l’indépendance, ainsi que la qualité de la gouvernance qui s’en est suivie, comme les causes profondes de la fragilité du pays. L’analyse enseigne cependant que cette situation de fragilité n’est pas une fatalité et que la Guinée est en mesure de parvenir à la résilience politique, économique et sociale, si elle réussit à agir 2 http://fsi.fundforpeace.org/rankings. Ce classement est établi chaque année par le Fonds pour la Paix. 3 Selon la méthodologie du New Deal, un pays fragile doit passer par 4 phases pour parvenir à la résilience (phase 5) à savoir : (i) la crise (phase 1) ; (ii) la reconstruction (phase 2) ; (iii) la stabilisation (phase 3) ; (iv) la transformation (phase 4) Novembre – 2017 ½9 sur les trois leviers suivants : (i) l’ancrage démocratique ; (ii) la promotion de la diversité ethnique ; et (iii) l’efficacité de l’Etat.

2.2. Rigidités structurelles de l’économie 

D’un point de vue structurel, l’analyse de la croissance sur une longue période, met en évidence une dynamique sans vigueur reflétant des rigidités à plusieurs niveaux. L’économie guinéenne est en effet vulnérable et peu inclusive avec un secteur informel prépondérant et une faible valorisation de son potentiel minier. Malgré les progrès significatifs enregistrés ces dernières années en matière de facilitation des affaires, (165ème en 2016 dans le Doing Business contre 179ème en 2012), les questions de la compétitivité globale de l’économie ainsi que de la corruption restent des préoccupations relativement plus importantes en Guinée que dans plusieurs autres pays de la sousrégion. 12. Au nombre des facteurs de rigidités, il peut être souligné : (i) la déconnexion du secteur minier du reste de l’économie ; (ii) le faible développement des chaînes de valeur ; (iii) un dialogue public-privé encore embryonnaire ; (iv) l’insuffisance de l’offre et le coût élevé des facteurs de production (énergie, transports, TIC,…) ; (v) l’insuffisance et l’inadéquation du financement bancaire relativement aux besoins du secteur privé, (vi) la faiblesse du capital humain et un manque d’adéquation des compétences. 13. De tous les facteurs mis en exergue ci-dessus, le déclin des investissements tant publics que privés mérite une attention particulière. Le niveau d’investissement de la Guinée (14,5% entre 2010 et 2014, contre un taux moyen de 20,9% en Afrique subsaharienne) est largement inférieur au taux moyen d’investissements des pays à revenu intermédiaire4 (supérieur à 25%), Cette situation est principalement imputable à la forte baisse des investissements publics (de 10,7% en 1990-1994, à 4,1% du PIB sur la période 2011- 2014). Dans le même temps, cette évolution à la baisse des investissements publics n’a pas été compensée par une hausse des investissements privés, ce qui explique qu’en dépit de la fin de l’épidémie d’Ébola et une situation politique plus stable, les établissements étrangers continuent de maintenir la Guinée sur leur liste des pays à risque (note D de la COFACE5).

2.3. Faible développement humain 

En matière de développement humain, le net recul du revenu par tête sur la période 2011- 2015, a aggravé la pauvreté, exacerbé les inégalités et fragilisé le développement humain. De 53% en 2007, la pauvreté monétaire a augmenté à 55,2% en 2012, voire à un niveau plus élevé, au regard de l’impact de la MVE. Dans le même temps, l’indice de Gini est passé de à 0,312 en 2007 à 0,317 en 2012 signifiant une accentuation des inégalités de revenus. Il en a résulté un IDH estimé à 0,411 (contre un IDH moyen de 0,52 pour l’Afrique subsaharienne) classant la Guinée au 182ème rang sur 188 pays6 du point de vue du développement humain dans le monde en 2015. 4 La comparaison entre le taux d’investissement de la Guinée et celui des pays à revenu intermédiaire donne une idée sur l’effort à faire par le pays en matière d’investissements pour garantir un niveau de revenu moyennement élevé par habitant. 5 COFACE : Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur 6 PNUD 2015. Novembre – 2017 ½10 15. La population guinéenne se caractérise en outre par sa vulnérabilité en ce qu’elle est exposée à plusieurs types de risques : (i) des chocs covariants (instabilité institutionnelle, baisses des cours des produits d’exportations, tensions socio-politiques et la MVE plus récemment); (ii) des risques idiosyncratiques (c’est-à-dire liés aux étapes-clés du cycle de la vie); et (iii) des risques sociaux (insécurité alimentaire, morbidité élevée et maladies chroniques). Tous ces risques ont fragilisé le pays et accru davantage la vulnérabilité de ses populations. En outre, la capacité de réponse du système de protection sociale est limitée. Des risques importants auxquels sont confrontés les ménages les plus pauvres restent peu ou pas du tout couverts. 16. Au plan des objectifs internationaux de développement, aucun des OMD n’a été atteint à l’échéance de 2015, et même si la Guinée a pu enrayer la MVE, les stigmates de cette épidémie encore vivaces, rappellent l’inefficacité structurelle du système sanitaire. Mais c’est à une insuffisance généralisée de l’offre et de l’accès aux services sociaux de base, qu’est confronté le pays, en plus d’un système de protection sociale embryonnaire qui n’offre pas encore une couverture adéquate aux groupes vulnérables. Le chômage des jeunes et le manque d’autonomisation des femmes combinés aux contre-performances des services sociaux freinent le développement du capital humain dans un contexte où la transition démographique amorcée laisse espérer au pays, le bénéfice d’un dividende à brève échéance.

2.4. Pressions environnementales

L’exploitation des ressources naturelles de la Guinée est à l’origine de pressions diverses sur l’environnement du fait de prélèvements illicites, de modes de production non durables ou de rejets de polluants. Les ressources en eau sont ainsi menacées avec comme corollaires la réduction des débits, l’ensablement du lit des cours d’eau, etc. Les ressources forestières s’amenuisent avec le recul du couvert végétal et la perte de biodiversité. L’exploitation minière contribue elle aussi, à la déperdition de ces différentes ressources par la pollution de l’air, des sols, des eaux souterraines et de surface ainsi que par la dégradation du paysage. 18. Ces pressions principalement imputables à l’homme, du fait des activités qu’il mène pour sa survie et pour son développement social, économique et culturel, sont accentuées par les facteurs climatiques de plus en plus manifestes en Guinée à travers : (i) une multiplication des événements météorologiques (inondations, sécheresse, canicules surtout en haute Guinée) ; (ii) des risques sanitaires en rapport avec la transmission de maladies animales susceptibles de présenter des éléments pathogènes potentiellement dangereux pour l’homme ; (iii) des déplacements de population… 19. Le cadre de vie est aussi menacé par une gestion inadéquate des déchets ainsi que par des émissions des gaz à effet de serre (GES) en augmentation depuis 2007, du fait de la croissance rapide du parc automobile. Toutefois, comparée à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, la Guinée ne serait pas un grand émetteur de CO2. En lien avec le cadre de vie, le foncier est présentement une source de préoccupation majeure au regard des contentieux liés aux lotissements frauduleux et de l’accaparement des terres agricoles.

 

 

 

 

La Cellule de Communication du Gouvernement

 

 

 

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